L'hymne national du Royaume-Uni s'intitule God Save the King depuis l'accession au trône de Charles III, le 8 septembre 2022. Le titre suit le sexe du souverain et redevient God Save the Queen sous un règne féminin. Aucun texte de loi ne lui confère de statut officiel. Sa position repose entièrement sur la coutume, ce qui constitue une singularité parmi les grandes démocraties.
La première exécution publique attestée remonte à septembre 1745, dans les théâtres londoniens, pendant le soulèvement jacobite. L'auteur des paroles et le compositeur demeurent inconnus, même si Thomas Arne en a signé un arrangement resté célèbre. La mélodie a connu une diffusion européenne considérable et a servi de base à une vingtaine d'hymnes, dont celui de la Prusse puis de l'Empire allemand, ainsi qu'à celui du Liechtenstein, toujours en vigueur.
Seul le premier couplet se chante habituellement. Il appelle la protection divine sur le souverain et souhaite un règne long et glorieux. Les couplets suivants, dont un passage hostile aux Écossais, sont tombés en désuétude. L'hymne retentit lors des cérémonies royales, des commémorations, de l'ouverture du Parlement et des rencontres sportives internationales.
Les nations du Royaume-Uni disposent chacune de chants propres pour les compétitions sportives. L'Écosse a adopté Flower of Scotland, composé dans les années 1960 en souvenir de la bataille de Bannockburn. Le pays de Galles chante Hen Wlad Fy Nhadau, écrit en 1856 et interprété en gallois. L'Irlande du Nord recourt à Londonderry Air aux Jeux du Commonwealth, tandis que l'équipe irlandaise de rugby, qui réunit les deux parties de l'île, utilise Ireland's Call. L'Angleterre conserve God Save the King, même si Jerusalem et Land of Hope and Glory sont régulièrement réclamés à sa place.
Le statut coutumier de l'hymne nourrit des discussions récurrentes. Des parlementaires réclament périodiquement une reconnaissance législative ou une modernisation des paroles, jugées trop centrées sur la personne du souverain. Une partie du public écossais et gallois refuse de le chanter, préférant les chants nationaux. Ces débats restent sans effet juridique et l'usage traditionnel se maintient dans les cérémonies officielles.